Historique

Perché sur une petite butte de molasse qui domine largement la plaine, le village de Montélier est situé sur l'un des principaux axes de circulation Nord-Sud de la vallée du Rhône. Au Moyen-Âge passait déjà à ses pieds la prestigieuse route royale qui conduisait d'Avignon jusqu'en Allemagne. Il ne fait pas de doute que cette situation, alliée à la présence d'un fertile terroir, ait largement influencé son histoire.


Gaulois et gallo-romains

Vers 500 avant JC, la plaine est occupée par les Segovellauniens qui appartenaient à la confédération gauloise des Cavares. Après la conquête romaine, Montélier suit le destin de la région valentinoise : la plaine est divisée en centuries d'environ 700 m de côté, distribuées à des colons. Cette partition est parvenue jusqu'à nous : la commune conserve encore, dans les limites des parcelles et le tracé des chemins, les directions dominantes de deux cadastres romains successifs.

Village perché, fief des évêques de Valence

à partir de l'an mil, une partie au moins de la population, abandonnant l'habitat de plaine, se regroupe dans les villages perchés actuels. Un fragment de parchemin, datant peut-être du XIème siècle, évoque ce mouvement pour Montélier. Le sens du nom de Montélier ne fait pas de difficulté. Toutes ses formes anciennes, Montelles au XIIème siècle, Montilisii en 1157, Montellisium en 1199, Montilhesium en 1263, Montilisio en 1275, montrent qu'il est composé du radical Mont et d'un suffixe diminutif. Montélier est donc le Montilium, le « petit mont ». Dès le milieu du XIIème siècle, Montélier est une terre du fief des évêques de Valence. Seigneur de Montélier, l'évêque de Valence y détenait des droits de justice et y percevait les redevances féodales.

La famille de Montélier

La terre de Montélier devait appartenir à l'origine à une famille éponyme, tombée ensuite sous la suzeraineté des évêques de Valence. Le plus anciennement connu de ses membres pourrait bien être l'un des personnages les plus célèbres du Moyen-Âge, Adhémar, prévôt de la cathédrale de Valence, évêque du Puy et légat du pape au cours de la 1ère croisade dont il avait été l'un des promoteurs.

La vie rurale

Les cultures et l'élevage sont les seules activités mentionnées à Montélier au Moyen-Âge et encore indirectement dans les chartes des monastères et redevances féodales. Dans les jardins souvent cités, les Montéliens devaient produire des légumes d'hiver, des fèves et même du chanvre, cette dernière plante se retrouvant d'ailleurs dans le nom de la ferme de Chenevelle. Des vignes sont mentionnées à Langoiron, aux Mares et à la Conche. Les toponymes de la Blache (le bois de chênes), de la Blachette, de la Blachières prouvent qu'ils existent des bois résiduels. L'essentiel des terres est entre les mains des privilégiés, nobles ou ecclésiastiques. Le village possède pourtant une petite activité commerciale, le commerce le plus important étant celui de la boucherie.

Les Sassenage

C'est à Valence, en 1329, que fut signé le traité entre l'évêque Guillaume de Roussillon, assiégé dans sa ville épiscopale par les troupes du comte Aymar IV, et Albert de Sassenage. En 1390, François, héritier de ce dernier, se plaint de la modestie de ses revenus auprès du pape Clément VII et reçoit, entre autres, la terre de Montélier. C'est ainsi que les Sassenage devinrent seigneurs de Montélier, ils le demeurèrent jusqu'à la révolution.

De modestes mais significatifs vestiges

Montélier conserve de son passé une porte fortifiée à l'extrémité Ouest de la rue de la Renaissance, dans laquelle un promeneur attentif distinguera une maison avec fenêtre à meneaux, portails en plein cintre surbaissés et linteau avec arc en accolade. L'église Saint-Prix est bien plus récente : construite en remplacement d'une église romane devenue trop petite, elle s'est achevée en 1902. Elle est remarquée pour ses vastes dimensions et la belle couleur de ses parements. L'église de Fauconnières date, elle, de 1777 ; elle a été restaurée entre 1990 et 1994. Le château, propriété de la famille de Monteynard, n'a gardé de ses origines que son aspect général et ne se visite pas. Il est associé à la légende de la fée Mélusine, laquelle aurait séjourné au château dont elle appréciait les sources voisines.

Une commune agricole qui se modernise

Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, Montélier connait l'existence paisible d'une commune à vocation entièrement agricole. Peu à peu, l'agriculture se modernise. Le Canal de la Bourne, creusé entre 1875 et 1881, étend progressivement les possibilités d'irrigation. Les premiers essais d'un tracteur d'origine américaine ont lieu à Montélier en 1916. De grands travaux sont engagés : démolition partielle des remparts, construction du local des pompiers (1858), de l'école des garçons (1887) puis de l'école des filles (1893). L'école de Fauconnières, construite en 1880, devient mixte en 1912. Le bureau de poste date de 1923, la mairie de 1939. Dans le même temps s'améliore le confort des habitants du village, doté de 4 bornes-fontaines en 1880 et de lavoirs publics inaugurés en 1913. L'électricité arrive au village dès 1910 puis gagne la campagne en 1930. Progrès et activités ne doivent pourtant pas cacher la lente érosion démographique que connait Montélier, comme pratiquement toutes les communes rurales de la région. Elle passe ainsi sous la basse du millier d'habitants après la 1ère guerre mondiale, où 35 enfants de Montélier laissent leur vie.

Vers la péri-urbanisation

La transformation de Montélier a débuté avec l'important remembrement conduit entre 1971 et 1974 qui, couplé aux travaux d'irrigation, a transformé le paysage. Ce remembrement a fait naître la nécessité d'élaborer un plan d'occupation des sols qui a été approuvé en 1976 et a engendré un afflux important de population, source de profonds déséquilibres entre habitat et emploi : Montélier devenait une commune-dortoir. A cela s'ajoutait la nécessité de nouveaux équipements, notamment scolaires, pour accueillir les nouveaux habitants. C'est dans ce contexte que la nouvelle équipe élue en 1983 et conduite par Maurice MORIN a décidé de freiner l'urbanisation et d'intervenir avec vigueur pour accueillir de nouvelles activités économies pourvoyeuses d'emplois. Les finances communales ont été progressivement assainies et de nouveaux projets ont pu voir le jour, ceux relatifs aux équipements culturels nécessaires à l'épanouissement de la vie associative, à l'aménagement et à l'embellissement de la commune également. La commune est ainsi devenu village botanique en 1990, village fleuri (avec la consécration : 4 fleurs au concours national en 2009).

Les informations contenues ici sont extraites de Montélier au fil du temps, par Jean-Noël COURIOL, Annie FRICHE et Maurice MORIN, 1997
21 août 2017
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